Une journée aux Parcelles...

Publié le par alinemariane

   << pour Loic, mon "cherido" (chéri + querido)

Levé vers 8h, la journée commence par... rien. Le petit déjeuner ici, c'est à 12h en général. Pour la douche, c'est le soir. La pression de l'eau fait qu'il n'y a plus d'eau à cette heure-ci. J'enfile donc une chemise, un pantalon, et après m'être jeté un peu d'eau sur le visage, je prends la direction du bureau.

C'est l'hivernage, donc il pleut parfois, la nuit en général. Pas de très longues pluies, mais 1 ou 2 heures de pluie suffisent à laisser des traces le lendemain matin. Des traces qui prennent la forme de lacs qui parsèment les rues. Je descends la petite rue de sable, et arrivés au croisement, je franchis le premier lac... par la droite, pour aller à gauche. Je commence à marcher lentement, guettant le taxis clando, qui pour 100 francs (l'équivalent de 15 centimes d'euro), me déposera à 2 pas du bureau. Ils sont faciles à identifier. Il suffit de repérer les plus vieux véhicules, ceux qui sont à leur 3ème ou 4ème vie. Ca se voit à leur carosserie, et... à tout le reste. En voilà un qui arrive. Ce sera une 4L ce matin. Je lui fais signe, et je me serre à l'arrière. Heureusement, nous ne sommes pas aux normes mauritaniennes : nous sommes 3 à l'arrière, et pas 4. Je parcours le km qui me sépare de la Case et je saute.

La Case, c'est un rond point. Un lieu unique à Dakar, qui sépare la banlieue et le Grand Dakar. Lieu de passage presque obligatoire pour les banlieusards qui s'en vont travailler en ville. Lieu de travail pour beaucoup aussi, qui profitent de l'affluence. Des marchands de fruits, aux vendeurs de café, de journaux, de cartes de téléphone pré-payées, de petits déjeuners... A toute heure on trouve de tout ou presque à la Case. A 300 m du rond point, le bureau. Mais avant tout, provision de café pour bien commencer la journée. A l'arrivée au 3ème étage du plus grand immeuble du coin, une cinquantaine de jeunes déjà là, pour la plupart en formation dans la grande salle.

Après avoir saluer tout le monde, direction le bureau. Je m'installe pour taper un peu des nombreux entretiens que j'ai déjà fait. Puis vers 10h, c'est le meeting : discours de motivation d'un des gérants,suivi du passage en avant des commerciaux qui ont fait les meilleurs chiffres d'affaires la veille. De 50, on est à 70 / 80 jeunes à cette heure-ci. Et sénégalaisement, on clôture la séance par des chants et quelques danses, pour que chacun parte avec une motivation gonflée à bloc. Si je suis dans le coin, je n'échappe pas à faire quelques pas, ce qui à chaque fois, provoque des rires qui font plaisir à voir. Comme quoi il est positif aussi parfois de ne savoir pas danser...

Rendez-vous fixé ensuite avec un distributeur, pour un entretien à l'autre agence, à une dizaine de minutes à pied. La chaleur est déjà forte, alors je saute dans un "car rapide". En 3 mots, ils sont colorés, dangereux, et... pas rapides. Pour 50 francs, 7 centimes d'euros, j'arrive vite devant l'autre agence. Je grimpe au 1er, un café me rejoint. On partage ensuite le petit déjeuner, à 4 autour d'un grand plat, où patientent des frites, des oignons et des oeufs, accompagnés de pain. Puis je file dans l'entrepôt au fond de l'agence, en compagnie de Fatou, une jeune commerciale de 18 ans, qui travaille ici depuis... 4 ans ! Je suis accompagné d'un autre commercial avec qui elle se sent à l'aise. Il sera mon traducteur.

Créer une relation avec les futurs interviewés avant les entretiens et une atmosphère propice à l'échange le jour même, ce sont mes priorités. Les échanges sont souvent profonds, et avoir un traducteur avec qui l'interviewé est à l'aise est donc aussi une priorité. Comme ce fut le cas à ma grande satisfaction pour 95% des interviews, mission accomplie ce jour-là. Me voilà plongé dans l'histoire de vie de Fatou. Des échanges très personnels parfois, mais qui semblent lui apporter comme un soulagement. Je plonge donc profondément dans la vie de Fatou, dans ses espoirs, dans ses rêves. Tantôt je retiens mes larmes, tantôt les siennes coulent. Mais elle continue avec une force et une détermination incroyable, à me relater les évènements les plus marquants de sa vie, des plus joyeux, aux plus tragiques. Cela aura été souvent des échanges très intenses et remplis d'émotions avec chacun des 22 acteurs du livre sur lequel je travaille. C'est encore le cas aujourd'hui . Le ton est parfois plus léger, et c'est une incroyable alternance de joyeuse légèreté et d'intense profondeur, qui vont rythmer ce début d''après midi pendant plus de 3 heures.

Petite pause obligatoire ensuite, puis retour à des choses plus terre à terre : quelques problèmes de gestion financière de l'agence à régler, un petit point sur la gestion des stocks, et retour ensuite à l'autre agence. A pied cette fois. La fin d'après-midi sera consacrée au bilan financier de la semaine précédente, et au travail sur les prévisions budgétaires, interrompu bien sûr à 17h, pour... le repas de midi :) La cuisinière officielle de NDAAM aime les épices et le fait partager... :o Et comme d'habitude, c'est un grand plat qui arrive à l'agence : riz au poisson bien sûr. Qui est là mange... Vers 19h30, et 3 verres de thé plus tard, Aline passe me rejoindre à l'agence. Une fois par semaine, je ne finis pas trop tard pour une soirée détente.

Salutations nombreuses jusqu'à la sortie de l'agence, et direction... l'aéroport. Enfin, pas très loin. Une petite terrasse au calme et en bord de mer nous attend. Nous y sommes presque abonné. Elle est facile d'accès, car à cette heure-ci, mieux vaut être stratégique pour aller se détendre sans passer par la case embouteillage. Et dans l'agitation dakaroise, c'est un délicieux havre de paix, pour un moment au calme, et le spectacle d'un coucher de soleil sur la mer s'il n'est pas trop tard.

Vers 22h, retour en taxi aux Parcelles, à 30 minutes et 2,5 euros de là. Le repas du soir nous attend. Nous sommes 6, comme à l'habitude, autour d'un grand plat de petit pois et de viande. Un 7ème regard de quelques mois s'amuse à nous observer manger. Ensuite, la soirée va se prolonger jusqu'à 00h / 1h, pour les 2 verres de thé qui permettront de n'avoir pas mal à la tête le lendemain. Et avec la joie d'une pression plus ou moins grande retrouvée, une bonne douche précédera une courte, mais bonne nuit de sommeil. Avant un nouvel épisode...

Un mot enfin sur les réalités dakaroises en 2009, qui sont très loin d'être facile pour beaucoup d'habitants. les journées sont ponctuées (quand elles ne sont pas remplies...) de coupures de courants. Les repas et les douches (ou plutôt les seaux d'eau...) éclairés à la bougie, mieux vaut vite s'y habituer pour vivre ici... Le lieu où je loge a beau être très propre et sans être neuf, très récent, et pourtant, une douche sans cafards qui me tiennent compagnie, je n'ai pas connu ça depuis juin. Il y a même des souris qui montrent le bout de leurs nez la nuit... Les pluies du mois d'Août ont créées d'importantes inondations dans toute la banlieue. Les politiques ont beaucoup investis dans des routes ces dernières années, mais laissant pour compte canalisations et évacuations des eaux de pluie. Du coup, beaucoup de ces routes sont déjà dégradées, inondées, et la situation s'aggrave pour des milliers de personnes qui sont dans l'eau à Dakar. Pour vous donner un ordre d'idée de l'état d'urgence, les gens en sont à déverser des tas d'ordures dans les rues, pour créer des chemins et accèder à leurs maisons les pieds au sec. Certains sont même obligés de déverser des ordures chez eux, puisque leur maison est envahie d'eau... depuis plusieurs semaines... Dakar en 2009, c'est aussi ce visage...

Publié dans en français

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Mary 09/09/2009 16:10

Nossa, Aline! Tá mandando bem no francês, hein? Eu não entendo nem a metade, mas entendi que é inverno e por isso chove muito aí. Mas... você viu notícias sobre o dilúvio de ontem em São Paulo??!! Choveu o que tinha que chover em Setembro inteiro em um dia. E aí? Saudades??! ;-)Bjs!

Amanda 05/09/2009 21:53

Poxa, é mesmo Mariana! A gente podia marcar um encontro dos blogs!! So falta a Luci vir de Lyon!

Cristiane 05/09/2009 12:23

:( Pq em francês?  Adoro francês, fiz um curso durante 5 meses e fiquei apaixonada, mas não sei nada...

Mariana 04/09/2009 20:24

dã... agora que eu percebi...foi o "cherido" que escreveu o texto certo? hehehhe 

Mariana 04/09/2009 20:21

Aline, com esse nivel de francês poderias encarar uns três tcf's pelo menos!!! Nada melhor para aprender rapidinho que um "cherido", hein??? hehehhe! bonne rentrée en France!!! Até qdo vc fica por aqui? Poderiamos marcar alguma coisa não?? Queria muito conhecer vc e a Amanda também!!! bjus e bon voyage!!!